Hôpital Bichat : pronostic vital engagé

mardi 2 juin 2015
par  Gilles

Que sera le nouvel hôpital universitaire nord ?

Le projet du « grand Paris » vise à décloisonner Paris intra-muros de la petite couronne grâce à un ensemble d’infrastructures urbaines, dont ce nouvel hôpital fera parti, à l’horizon 2025 sur le site des Docks à Saint-Ouen ou au sud de l’actuel hôpital Beaujon à Clichy.
C’est aussi le cas des infrastructures de transport, qui desserviront mieux la zone du nord-ouest de Paris où la densité de la population va augmenter dans les années qui viennent.

Le choix d’une nouvelle construction
Les concepteurs de ce projet ont préféré miser sur un hôpital moderne, neuf, plutôt que sur la rénovation des sites actuels de Bichat et de Beaujon. La conduite de travaux sur des sites en activité serait source de nuisances majeures et perturberait pendant de nombreuses années le fonctionnement des deux hôpitaux, nous explique la plaquette de présentation de l’Assistance Publique.
« Le projet dit « Hôpital Nord », c’est la rencontre de deux choses, celle d’une réalité immobilière dégradée et celle de l’opportunité pour l’Assistance Publique et l’Université Paris Diderot de construire une offre hospitalière et universitaire publique de qualité pour les habitants du nord de Paris. Il s’agit de répondre aux difficultés de fonctionnement et de mise aux normes des deux hôpitaux actuels. », nous dit Jérôme ANTONINI, conseiller du directeur général de l’AP-HP (Assistance Publique des Hôpitaux de Paris).

Une conception d’insertion urbaine
« Le principe de la tour est déshumanisant, il faut arrêter de construire des hôpitaux verticaux qui tournent le dos à la ville mais plutôt s’attacher à l’horizontalité, avec des immeubles de plein pied, de l’animation, des commerces le long des façades, pour éviter cette vision de l’hôpital austère, fermé, replié sur lui-même » ajoute Jérôme ANTONINI.

Devant l’opposition des syndicats (voir page suivante), le Professeur Enrique CASALINO, chef du service des urgences, se veut confiant et explique que « ce qui compte pour nous, ce sont les équipes médicales et soignantes, les compétences, le projet médical et de soins, et tout ça, c’est le nouvel hôpital. Le plus important, c’est le service que rend l’hôpital, les moyens que l’on développe pour un service de qualité, notamment d’un point de vue hôtelier ; nous avons par exemple beaucoup de chambres à deux lits actuellement sur Bichat, des chambres sans cabinet de toilettes, et les ascenseurs sont souvent en panne. ». Jérôme ANTONINI de compléter, à son tour : « oui, ce qui compte, c’est la performance des plateaux techniques, la qualité des liaisons et des circulations entre les services ».

Adapter l’offre aux besoins
Notre structure de santé serait trop « hospitalo–centrée », selon les concepteurs du projet de futur hôpital, qui considèrent qu’il faut imaginer une nouvelle organisation des soins, en renforçant la prévention et le lien en amont et en aval avec la médecine de ville pour éviter les recours inutiles à l’hôpital et surtout en favorisant un retour à domicile plus précoce : « aujourd’hui, si on devait hospitaliser une maman pendant 10 jours après un accouchement, elle n’accepterait pas et n’aurait qu’une envie, c’est de rentrer chez elle », nous explique le chef des urgences, qui ajoute : « rester trop longtemps à l’hôpital, ce n’est pas spécialement souhaitable ».

Serait-ce là une nouvelle conception de la médecine et l’illustration d’un changement de mœurs et de pratiques, qui favoriserait la médecine et la chirurgie ambulatoires , et justifierait, de fait, la suppression d’un certain nombre de lits d’hospitalisation ?

20% de lits en moins ? pourquoi ?

« Avec la question du nombre de lits se pose également celle des besoins de santé et de leur évolution. L’hôpital de demain aura certainement moins de lits. La tendance constatée aujourd’hui est celle d’une diminution de la durée d’hospitalisation. Avec le développement des activités ambulatoires, avec les techniques et les équipements toujours plus performants et modernes, les besoins en hospitalisation évoluent. » nous dit Jérôme ANTONINI, qui ajoute que « demain, l’hôpital ne restera plus dans ses murs. Il aura la capacité de se projeter, grâce au numérique, et vous aurez peut-être la possibilité de consulter votre médecin par caméra (consultation en télémédecine) ».
Le nombre de lits (hospitalisation complète d’une ou plusieurs nuits) et de places (hospitalisation en journée) est en cours de détermination. Au-delà du virage ambulatoire et des avancées médicales et techniques, ce sont bien les besoins de santé (nouvelles pratiques, épidémiologie) qui vont être étudiées, spécialité par spécialité.

Impact social sur les personnels de santé
L’élaboration du projet de nouvel hôpital est en cours. Il n’y aura pas de licenciements. Les professionnels exercent au sein de la fonction publique. Il est aujourd’hui impossible de dire combien de personnels travailleront dans le futur hôpital. Il faut par contre anticiper l’évolution des métiers et des compétences car la médecine et le soin d’aujourd’hui ne se pratiqueront pas de la même manière dans 10 ans. Il y aura des transferts de compétences, des changements dans les plans de carrière, et surtout l’émergence de nouveaux métiers en lien avec les nouveaux besoins des patients « notamment dans les coordinations de parcours et de filières ville-hôpital pour le patient par exemple. L’accompagnement des professionnels s’inscrit par ailleurs dans une temporalité qui nous permettra d’adapter les compétences aux besoins du futur hôpital. » nous confirme Jérôme ANTONINI.

Un campus universitaire : de l’enseignement et des unités de recherche
Les hôpitaux Bichat et Beaujon ont aujourd’hui une activité importante de recherche, à la pointe sur de nombreuses spécialités, réalisée avec les unités Inserm et l’Université Paris Diderot. Les structures sont cependant éloignées les unes des autres, ce qui ne facilite pas l’échange ni la confrontation des expériences entre chercheurs.

Il est donc question de construire non seulement un nouvel hôpital, mais également un campus universitaire et de recherche qui rassemble les activités d’enseignement de la médecine et des professions paramédicales avec celles de la recherche. « Toutes ces unités de recherche seront regroupées sous le même toit pour permettre un véritable travail d’équipe, des échanges et le partage des idées, des résultats, cela créera de la dynamique » nous explique le Pr. CASALINO.

Le coût du projet

La rénovation de Bichat coûterait à elle seule 450 millions d’euros alors que le prix du nouvel hôpital qui réunit deux hôpitaux devrait se situer autour de 800 millions d’euros, dont un tiers serait pris en charge par l’Etat et le reste par l’AP-HP, avec une part d’autofinancement et l’autre part d’emprunts.
Jérôme ANTONINI nous assure « que tous les financements viendront du public » : il n’y aura donc pas de partenariat public/privé, comme ce fut le cas dans le sud de la capitale. Nous voulons bien le croire ; les syndicats, eux, ont un avis contraire.

Des évolutions dès aujourd’hui
Avant que ce nouvel hôpital ne sorte de terre d’ici une dizaine d’années, certaines rénovations ne seront pas pour autant négligées sur les deux sites actuels (rénovation de la maternité de Beaujon, mise aux normes incendie). Il faut également veiller à développer des projets qui préparent l’avenir. C’est déjà le cas avec la création en janvier dernier d’une nouvelle unité de chirurgie ambulatoire et l’arrivée d’un service d’oncologie thoracique, prévue en septembre à Bichat Claude-Bernard.


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